15 septembre 2006
Tree woman
Non, il ne s'agit pas d'une héroïne de comics, elle ne fait pas
partie de la bande des X men ou des autres super- héros. Même si son
action pour l'environnement lui mériterait une place dans La ligue des
justiciers. Wangari Maathai explosa médiatiquement le 8 ocotobre
2004 en recevant le prix nobel de la paix. Une première à double titre:
jamais la prestigieuse récompense n'avait été attribuée à une femme
africaine, jamais elle n'était venue couronner une action de protection
de la nature. Wangari Mathai ou Wangari Muta, ou encore
affectueusement surnommée tree woman (femme arbre),
créa en 1977 le plus grand projet de reboisement d'Afrique: le "Green Belt Movement"("Mouvement ceinture
Verte", GBM). Cette organisation a pour but de développer la
biodiversité et dans le même temps, cette initiative a permis de donner
des milliers d'emplois aux femmes.
Surtout cette organistation,
composée de beaucoup de femmes, dont le courage et la volonté sont hors
pairs, a planté plus de 30 millions d'arbres pour prévenir l'érosion du
sol.
N'est- ce pas la plus grande chance de réussite de développement
durable, lorsque les africains eux mêmes s'investissent pour sauver
leurs terres??
Wangari Maathai semble nous prouver cela. Ainsi on pourrait affirmer que le succès de Green Belt Movement est sûrement lié au fait que l'initiative de ce projet fût mener par les Africaines elles mêmes.
Car
en effet, comment mesurer l'impact des organisations non
gouvernementales, qui agissent pour l'environnement, sur les
populations locales?
Pour être plus précis, lorsque
les associations d'aides au développement arrivent en Afrique, qu'il
s'agisse d' ONG, ou autres, il y a comme une atmosphère salvatrice, les
populations locales sont en situation
d'attentes et les ONG ou autres
associations pour le développement s'occupent de tout, ne laissant
aucune initiatives mais surtout aucune autonomie aux populations
locales. Au final, l'impact devient partiel, car l'implication ne sera
pas la même étant donné que l'initiative venait d'autres groupes et non
des personnes concernées elles-mêmes, à savoir celles qui vivent cette
réalité au quotidien. Or avec la Green Belt Movement,
l'initiative venait d'une kenyane qui a sû mobiliser les Kenyans et
surtout les Kenyanes
pour protéger leur terre.
C'est
en ce sens que l'action de Wangari Maathai est
un exemple pour toute l'Afrique:
un projet de développement durable,
faite par une femme africaine (kényane). De ce fait, l'entourage
et surtout les générations ultérieures auront un exemple qui leur
montreront que les africains sont eux-mêmes les acteurs majeurs de la survie de leur continent.
Tree
woman, par son courage et sa volonté, est devenue député depuis
décembre 2002 et fût nommée en janvier 2003 ministre-adjoint à
l'environnement, aux ressources naturelles, et à la faune sauvage.
Moka
La femme aux pieds de boeuf
Si le monde visible fait toujours plus mal aux yeux et au cœur celui invisible rempli la vie des Comoriens d’histoire incroyables.Les Djinns, premiers habitants des quatre îles ne vivent plus avec les hommes comme au vieux temps lorsque, les voitures, lasses lampes, l’essence et les autres composantes du monde moderne ne les dérangeaient pas. Mais ils sont la, toujours présent sur leur terre.
Salomon,
pour se venger d’un Djinn ayant volé la bague de sa femme et l’ayant
jeté dans le volcan, chassa tous les Djinns et les envoya sur les îles
Comores. Ils furent les premiers habitants des ces îles volcaniques et
virent l’arrivée des premiers Shirazien. Les Shirazien arrivèrent sur
l’île de grande Comore et allèrent chercher des Africains sur les côtes
du Mozambique. Ces Africains furent dévorés par les Djinns ce qui
décida les Shiraziens d’aller chercher des autres hommes mais aussi des
femmes. Encore une fois les hommes furent dévorés et restèrent
seulement les femmes. Ces femmes se marièrent avec les Djinns et c’est
ainsi que la population se brassa et qu’elle se répandit sur toute
l’île.
Avec l’arrivée des voitures, de l’essence, de phares, et
autres polluants, les Djinns devirent invisibles aux yeux des hommes ne
supportant plus toutes ces odeurs et ces lumières. Avant propriétaires
des lieux ils peuplent maintenant différents endroits : les forêts, les
rochers, la mer, le volcan, les lacs. Pourtant ils gardèrent cette
force qui les distinguent des hommes et qui leur permet de se
métamorphoser en n’importe quoi : une poule, une pierre, un bouc ou un
humain…
Une nuit un Monsieur roulait sur la route entre Iconi et
Moroni. Sur son chemin il aperçut une femme faisant du stop. Il la
laissa monter dans la voiture et continua son chemin. Pendant tout le
trajet l’homme et la femme discutèrent de tout et de rien. Il était
tard le soir et la route n’était pas très visible. A un moment l’homme
s’arrêta pour prendre quelque chose dans la boîte à gant et c’est là
qu’il vit que la femme avait des pieds de bœuf. C’était une femme
Djinn. Il s’évanouit de peur et se réveilla le matin après. Des
habitants d’iconi l’avaient sorti de la voiture et quand il leur
demanda ou était la femme personne ne sus répondre.Il n’y avais aucune
femme lors que la voiture avait dérouté la nuit précédente.
Pourtant
a Mitsoudjé il y a un homme qui était marié a une femme Djinn. Ils
eurent un enfant qui depuis tout petit n’habita jamais a la maison mais
dans une grotte lointaine. L’homme rencontra sa femme dans un lieu
réservé aux Djinns et il vit tout de suite qu’elle était une femme
Djinns. Car si en apparence elle ressemble a une femme, son
comportement la trahit. Étant crée par le feu les Djinns sont très
chauds quand on les touche et n’ayant pas les mêmes besoins que les
hommes souvent ils ne mangent pas. Si a la Grande Comore des hommes se
sont mariés avec des femmes Djinns, sur l’île d’Anjouan les hommes qui
ont accepté de coucher avec des femmes Djinns sont tous morts trois
jours après.
Selon un Mwalimu za madjini on à tous un Djinn en
nous mais celui-ci ne se manifeste pas chez tout le monde. Pourtant, à
la Grande Comore, difficile de rencontrer quelqu’un n’étant pas possédé
par un Djinn ou ne connaissent pas quelqu’un en possédant un. Miroir de
la société comorienne les Djinns sont d’origine différente et lors de
leurs manifestations chez leur hôte c’est leur comportement qui
permettra de connaître leur origine.
Quand il monte à la tête, le
Djinn arabe, Rahuani, oblige la personne à prier et ne la laisse pas
tranquille si elle ne s’exécute pas. Musulman il ne se manifeste pas
les vendredis et pendant le mois de Ramadan. Dans les moments de
possession ou lors du Nkoma za Madjini (dans e des Djinns pendant
laquelle les Djinns se manifestent) la personne se met à parler l’arabe
même sans jamais l’avoir appris, car a ce moment ce n’est plus elle la
propriétaire de son corps et de ces actions mais le Djinn. C’est pour
lui que la personne laisse dans sa maison un plat avec du kaolin et de
l’argent comme offrande, plat qui est pour les autres habitants de la
maison formellement interdit de toucher.
La Trumba est un Djinn
malgache et se manifeste généralement chez les femmes. Il est très
repandu à Mayotte et à Anjouan, îles influencées par Madagascar, mais
il est aussi présent à la Grande Comore. Par le biais des expatriés
comoriens il est arrivée jusqu’en Arabie Saoudite ou des femmes
comoriennes sont devenues très riches grâces a leur pouvoir de
guérisseuses. Les saoudiens possédés par ces esprits ne lésinent pas à
payer au prix fort le voyage et le travail de ces guérisseuses
comoriennes.
Il y a aussi le Djinn d’origine Africaine, le Msomali,
qui est souvent décrit par les Grands Comoriens en tant que « sauvage
». Une description qui cache mal une certaine difficulté de la part des
comoriens d’accepter leurs origines Africaines. Un malaise crée par le
poids de l’esclavage et celui de la prétendue supériorité de l’ancienne
hiérarchie arabe.
Source d’explication de diverses maladies et
malheurs de la vie des comoriens les Djinns ne limitent pas leurs
actions sur les quatre îles mais se manifestent souvent chez les
expatriés comoriens. Beaucoup d’entre eux reviennent au pays afin de se
faire guérir d’une maladie causée par les Djinns ou au contraire
rentrent demander des faveurs aux Djinns, sachant ou les trouver au
pays.
Un
jeune d’Iconi m’a fait part d’une histoire assez curieuse arrivée à un
jeune de Zanzibar parti faire ces études en Angleterre. Lors de son
séjour le jeune homme rencontra une belle fille dont il tomba amoureux.
Celle-ci accepta les avances que son prétendant lui faisait mais lui
imposa des conditions. Avant tout l’homme devais promettre de ne jamais
parler a personne de leur relation et deuxièmement il devais promettre
de ne jamais se marier avec une autre fille qu’elle. L’idée du mariage
étant loin devant lui l’homme accepta.
Tout au long de sa relation
avec cette jeune fille le jeune homme avait les meilleures notes de sa
classe et sa popularité ne cessait de s’agrandir au sein de son
université. Pourtant, pendant des vacances d’été le jeune homme rentra
à Zanzibar pour voir sa famille qu’il n’avait pas revue depuis 5 ans.
Sa maman très contente de le revoir lui annonça qu’elle lui avait
trouvé une femme et que le mariage était déjà programmé. Le jeune homme
accepta car il ne pouvais pas refuser ça à sa mère et de plus il avait
oublié la promesse faite il y a cinq ans à sa copine d’Angleterre.
Après
le mariage il rentra finir les derniers examens en Angleterre mais dés
son retour quelque chose en lui avait changé. Malgré ces années
d’études il n’avait plus aucun souvenir des ces lectures. Incapable de
soutenir les examens il alla se confier à un homme de Zanzibar qui
vivait en Angleterre. Celui-ci étant un grand sorcier compris vite le
problème mais n’ayant pas les compétences pour l’aider il l’envoya aux
Comores. Arrivée aux Comores le jeune homme alla voir le Mwalimu dont
son ami lui avait parlait. Le verdict tomba vite, tous ces malheurs
étaient causés par son ex-copine qui en réalité était une femme Djinn.
A travers l’utilisation de toutes ces compétences le mwalimu arriva à
chasser les mauvais esprits de la vie du jeun homme qui repris toutes
ces compétences.
Les Djinns peuplent un monde invisible complexe
qui fait partie intégrante de la société comorienne. Un monde qui ne
peut être négligé si on veut comprendre la dynamique de cette culture.
Un monde mystérieux pour l’étranger et indissociable du quotidien pour
le comorien qui continue à le faire vivre à travers la tradition orale
malgré la pression de certains fondamentalistes musulmans pour le faire
disparaître.
Sina
14 septembre 2006
Fais-moi rire
J'étais au thêatre hier. Sur scêne il y avait un des comiques du Djamel
Comedy Show. Il m'a fait rire à en pleurer, pourtant je suis sortie de
la salle avec pleins de questions:
Pourquoi les schetchs des comiques noirs ou arabes sont toujours axés sur l'origine ou la couleur de peau du comique?
Les minorités de France doivent-elles mettre encore et toujours en avant leurs différences pour exister?
Ne serait'il pas temps de voir un comique noir ou arabe parler
d'autre chose que de sa couleur de peau ou de son origine ou encore
pire de sa banlieue?
N'est-ce pas jouer au jeu des racistes de s'enfermer dans la case
"noir" ou "arabe" qui n'existe que par sa couleur de peau ou son
origine?
Car s' ils nous font rire, parfois je me demande si au fond ils
nous font pas aussi pleurer. Pleurer de voir qu'en 2006 on en est
encore là, on rigole de la famille africaine ou arabe si différente de
celle qui est française, on rigole parce-que dans nos idées préconçues
la famille française est ce qui est "normal" et tout le reste qui n'est
pas conforme à cela a un pontentiel marrant. La comparaison entre le
comportement des français et celui des minorités est en effet monnaie
courante dans ce type de scetch. Si au début cela peut faire rire, ce
rire laisse ensuite place aux questions.
N'étant pas moi même française et n'habitant ce pays que depuis 2
ans je ne peux me permettre de répondre à ces questions et peut-être
que je me trompe dans mes interrogations mais j'éspére un jour voir un
jeune français d'origine magrebine jouer un scetch sur autre chose que
sa banlieue et son origine.
Tout cela n'enlève rien aux talents de tous ces acteurs et
comiques. Cela n'empêche pas d'applaudir Djamel de donner la
possibilité à autant de jeunes de pouvoir se faire connaître et de nous
faire rire. Car souvent par le rire on arrive a faire passer des
messages.
Sina
09 septembre 2006
De la discrimination positive en France.
La discrimination positive a été
élaborée pour la première fois aux Etas-Unis au début des années 60.
Elle se caractérise par la création d'inégalité afin de promouvoir
l'égalité. C'est un dispositif qui consiste à mettre en avant l'égalité
des chances, qui est rongée par des pratiques racistes ou sexistes
ainsi que par des difficultés socio-économiques.
Dans quels lieux et dans quels
contextes la discrimination positive, ou "affirmative action"
(désignation originelle) a été élaborée?
Elle s'appliqua dans les pays où la
politique de ségrégation était officiellement légalisée. Il s'agit bien
évidemment des Etats-Unis sous la présidence de Lyndon Johnson, mais
aussi en Afrique du sud depuis 1994 ainsi que la Nouvelle zélande
vis à vis de sa population Maoris.
Le point commun de ces trois pays (qui
ne sont pas les seuls) c'était bien l'institutionnalisation de la
ségrégation. Cette politique contraire aux principes des droits
de l'homme a été abandonné.
L'Etat avait donc déclaré
anticonstitutionnelle toute action qui exclurait un individu selon ses
origines ethniques. La discrimination positive intervient
donc dans ces pays dans un soucis de correction, de réparation d'
inégalités que jadis l'Etat avait lui même encouragé.
De ce fait, est - ce que la France,
pays certes colonisateur mais aussi pays dans lequel la discrimination
et la ségrégation n'ont jamais été légalisée voire institutionnalisée,
peut se baser sur l'aspect physique afin de promouvoir des
minorités ethniques?? C'est bien parce que la France n'a pas pratiqué
légalement de ségrégation que la discrimination positive basée sur des
critères physiques n'a pas lieu d'être. Ce faisant, on pourrait
parler de discrimination positive basée sur le territoire, ou sur la
situation financière de l'individu. En fait, pour être plus précis, les
caractéristiques physiques se noieraient dans la territorialité. Ne
serait-il pas plus juste de réserver certains postes à des
individus habitant dans certaines zones géographiques déterminées?? Par
exemple, réserver certains emplois à certains jeunes habitant dans
certains quartiers parisiens, ou certaines cités de banlieues. Ainsi,
on engloberait toute personne quelque soit son origine, et le
point commun serait son lieu d'habitation qui indiquerait que la
personne est plus exposée à des discriminations en raison de son
lieu d'habitation. Lieu de résidence, qui sommes toute est pour
la plupart du temps habité par des populations d'origine africaine,
antillaise, turque, asiatique.... mais aussi d'origine française.
L'idée serait donc d'aider les populations les plus modestes, les plus
exclus du fait de leur lieu de résidence. C'est une conception
rawlsienne que je prône ici, car en effet dans son fameux ouvrage Theory of justice, John Rawls énonce que dans un Etat parfaitement juste il doit être indifférent de naître avec telles caractéristiques plutôt que telles autres. (cf Théorie de la justice,
John Rawls).
La France n' a pas la même histoire que les Etats-Unis, ce faisant la discrimination positive s'appuyant sur les caractéristiques physiques des indivius n'a pas lieu d'être. C'est parce qu'on excluait des individus du fait de leur origine ethnique de manière institutionnelle et légale qu'il était nécessaire de les inclure toujours en vue de leur origine ethnique et toujours par le biais de leviers juridiques, dans les deux cas la France était et est étrangère à toute considération éthnique. En revanche, elle pourrait développer des politiques de coopértation et d'échange avec ses ex colonies, car dans ce cas précis dans les colonies la ségrégation était institutionalisée par l'appareil étatique.
Moka
08 septembre 2006
L'image des Massaï dans les médias



Placardées dans le métro de Londres une grande amazone blonde se tien à côté d’un bel homme parée comme un Massaï. C’est la nouvelle publicité d’une carte de crédit. Le Massaï représente son style de vie, les beaux vêtements qu’elle porte représentent ce qu’elle peut s’acheter avec sa nouvelle carte. My card, My Life annoncée l’affiche de 3 mètres. Les Massaï sont devenus de nos jours le symbole d’une Afrique mythique, un monde où la technologie semble ne pas avoir tout détruit, où les traditions gèrent encore le flux de la vie quotidienne. Le rêve de chaque occidental englouti par la vie frénétique des grandes villes occidentales. Un rêve au paroxysme de l'absurde, la vie d’un Massaï mais toujours avec ma carte de crédit (on ne sais jamais…).
La vie des Massaï dans l’imaginaire occidental rime avec nature,tradition, beauté, une Afrique aux innombrables steppes couleur ambre sous le couchée du soleil. Mais si rêver n’est pas un crime, si le besoin de s’évader vers un continent inconnu fait partie de la nature humaine, n’est il pas raisonnable pour une fois de s’arrêter et se demander que ce cache t’il derrière cette image ?
L'Occident fit connaisance avec le peuple Massaï à Travers le livre Au pays des Massaï écrit en 1880 par Thomson. Leur réputation de dangereux sauvages initiée par les commerçants caravaniers Swahili soucieux de garder le monopole de l’intérieur des terres de l’Est Africain fut perpetuée par Thomson qui voulais maintenir sa propre réputation de héros. Cette image des Massaï en tant que sauvages et menaçants, fut ensuite utilisée par les colonisateurs Britanniques qui s’en servirent comme une des justifications à la colonisation et à l’appropriation des terres de ce peuple.
La période des premières explorations européennes en Afrique, vit se développer en Occident la théorie sur la classification des « races humaines » qui prônait la supériorité de la « race » blanche sur la « race » asiatique et la « race » noire. Les Africains, étant considérés en tant qu’inférieurs aux blancs, firent l’objet de nombreuses descriptions « anthropologiques » humiliantes et racistes. Les Massaï connurent un déstin différent. Ils firent décrits en tant que fils d’une « race à part », conformément à la croyance de l’époque dans « le mythe hamitique » (voir Les deux visages de Cham de J.P Chrétien) qui classait les peuples Africains, non conformes aux stéréotypés raciaux pré-établis, dans une catégorie de « race » toujours inférieure à celle des Européens mais supérieure au reste de la « race » noire. Thomson décriva ainsi le peuple Massaï :
Les Massaï, en tout cas, ne sont ni nègres, ni alliés aux peuplades bantoues avec lesquelles nous ont familiarisé les récits des grands voyageurs africains. Le développement de leur crâne, non moins que leur langage, les sépare nettement des naturels des régions centrale et méridionale et leur assigne une place beaucoup plus élevée dans la série humaine. La tribu des Massaï est partagée en une douzaine de clans, ayant chacun ces subdivisons. Tous n’occupent pas le même rang dans la « société » du pays : Les Ngadjé-Massaï, par exemple, les Molilian, Lyséré et Leteyo ont plus de « sang bleu » et sont tenus pour avoir conservé la pureté de la race. Leur développement physique est plus harmonieux, et chez eux la tête est sans contredit beaucoup mieux faite ; le nez est moins déprimé, les lèvres sont moins épaisses…sauf la nuance brun chocolat de la peau et la disposition des cheveux à friser, on pourrait vraiment les prendre pour de respectables européens d’un type assez ordinaire. Sa conversation démontre une intelligence bien supérieure à celle de n’importe quel indigène appartenant aux familles bantoues.
On connais encore aujourd"hui les conséquences de se mythe auprés de la population africaine ainsi qu'auprés des croyances de certains occidentaux.
La férocité des Massaï ayant été discrédité par différentes études anthropologiques et autant de récits de voyageurs, le mythe des Massaï s’est lentement transformé. À l’époque de la globalisation, la société Massaï est en effet mise en avant par des occidentaux qui retrouvent en elle les vestiges d’une époque révolue. Les Massaï sont alors admirés, pour leur apparence physique très soignée mise en valeur par des magnifiques parures, mais surtout pour leur mode de vie resté traditionnel malgré la modernisation et l’urbanisation du Kenya et de la Tanzanie. Leur image est alors commercialisée par l’industrie touristique qui a très vite mis à profit la fascination que les touristes occidentaux ont pour ce peuple.
Si certaines sections Massaï ont souffert plus que d’autres de la perte des terres et de l’urbanisation de leur pays, toutes essayent, souvent guidées par l’envie des plus anciens, de garder intacte leur culture et leur environnement. Si leur culture et leur mode de vie sont donc restés inchangés à quelques exceptions prés, les causes des changements radicaux subis par leur image sont à rechercher dans les changements connu par l’Occident au cours du XIXe et XXe siècles. En effet chaque image des Massaï fut et est un simple miroir des envies, des besoins et de l’environnement de ses auteurs, qui se sont avères être la plupart du temps des Occidentaux. Ainsi, l’image du guerrier sauvage et menaçant, basée sur l’existence au sein de la société Massaï d’une classe de Moran toujours munis de lances et boucliers afin de protéger le reste de la communauté et les troupeaux, reflétait surtout la réalité de l’Occident de l’époque qui percevait l’Afrique en tant que "dangereuse et sauvage" en contraste avec un Occident "civilisée". L’Afrique était à cette époque un refuge pour la part d’ombre de l’Occident qui, à travers l’image négative de ce continent et de ses habitants, se rassuraient sur sa propre civilisation et projetait ses propres peurs dans l’image de ce continent alors inconnu.
Si l’image des Massaï a été influencée par l’environnement entourant ses auteurs, ce même environnement a joué un rôle important dans la crédibilité de chaque image et dans l’influence que celle-ci a pu avoir auprès du public. Concrètement, l’image du Massaï sauvage et dangereux a été crédible auprès du public occidental du XIXe siècle qui baignait dans un environnement hostile à l’Afrique. La cohérence et la fréquence des images méprisantes des Africains, projetées par les différents médias de l’époque, ajoutée au manque d’images contestatrices, rendaient l’image négative de l’Afrique crédible auprès du public occidental qui n’avait pas d’autres moyens de vérifier la véracité de ces représentations. Les effets que peut avoir une image stéréotypée auprès du public et de la personne représentée dépend surtout de l’existence d’un environnement favorable à la réception de cette image.
L’image de l’Autre est souvent instrumentalisée. Ses promoteurs, conscients de l’impact que peut avoir chaque image auprès du public, la mettent au service de leurs propres besoins. Il en a été le cas des colonisateurs perpétuant l’image du Massaï en tant que menace à la civilisation. L’instrumentalisation d’images stéréotypées n’est plus un mécanisme inconscient comme peut l’être parfois la création d’une image stéréotypée qui est causée souvent par un manque de connaissances. S’il est alors difficile de contrôler la création d’images stéréotypées une importance majeure devrait être portée à la possibilité d’instrumentalisation que pourrait être faite de celles-ci. Les médias, souvent conscients de leur utilisation d’images stéréotypées, devraient essayer d’anticiper les conséquences que ces images pourraient avoir et donc questionner avec plus d’insistance la façons dont ils représentent les Autres.
Les conséquences de la diffusion d’images stéréotypées sont multiples. Réelles barrières aux relations interculturelles, ces images sont souvent une des causes majeures de certaines attitudes racistes. Si les réactions de mépris causées par des stéréotypes négatifs sont facilement compréhensibles, il est important de constater que les stéréotypes positifs peuvent aussi s’avérer des barrières importantes aux relations interculturelles. Le stéréotype même, par sa nature réductrice et généralisante, devient un obstacle à la connaissance de l’Autre ; les images créent en effet en nous des attentes auquel l’Autre devra correspondre. Si l’Autre ne correspondait pas à celles-ci, il pourrait finir par nous décevoir et nous dissuader de continuer la relation. Afin de satisfaire nos attentes on pourrait, d’un autre côté, ne voir chez l’Autre que ce qui pourrait correspondre à nos attentes. Ce mécanisme de satisfaction des attentes est souvent repérable chez les touristes occidentaux qui souvent prennent en considération que les aspects traditionnels et positifs de la société Massaï en laissant de côtés les problèmes liées à la perte des terres dont souffre ce peuple. Ils repartiront du Kenya avec une image idyllique et exotique de ce peuple conforme à l’image qui leur avait été donnée par les agences de voyage. Il est compréhensible que dans le cadre d’un voyage, il soit plus agréable de ne voir que les bons côtés des choses, mais c’est surtout à travers les voyages qu’on fait la connaissance d’autres cultures et il serait important de connaître aussi les problèmes auxquels ces peuples doivent faire face. De plus que, certains des problèmes auxquels font faces les Massaï de nos jours, sont aussi liés à l’expansion de l’industrie touristique dans leur pays. Cette relation entre les touristes et les Massaï se base sur la satisfaction des envies et des besoins des touristes. Des envies qui dans le cadre d’un voyage sont souvent celles d’exotisme et de rêve.
L’image de Soi crée par les Autres met souvent la personne représentée face à sa propre identité. Les Massaï connaissants des problèmes liées, entre autres, à la perte des terres qui les pousse souvent à trouver un travail dans les centre urbains du Kenya, se trouvent face à un problème identitaire, l’identité étant, dans leur culture, liée à la pratique du pastoralisme qu’à cause de l’éloignement de leur village ils ne peuvent plus pratiquer. À ce tiraillement identitaire vient s’ajouter l’image que les occidentaux et les agences touristiques diffusent d’eux. Si non conformes à l’image du Moran en habits traditionnels, avec la lance et les typiques long cheveux couleur ocre, les Massaï ne sont pas reconnus par les occidentaux habitués à voir dans les médias l’image du jeune guerrier en habits traditionnels. Les Massaï eux même pourraient ne pas se reconnaître dans l’image qui est donnée d’eux.
Que ça soit à des fins économiques, stratégiques, de propagande ou commerciaux, l’image des Massaï a été crée et façonnée suivant les besoins mais aussi les circonstances de l’époque. Souvent en empruntant les idées des sources préexistantes, dont le livre de Thomson reste le pilier fondateur, l’image a évoluée et s’est adaptée à son époque et à son environnement. Source de stéréotypes, ces images ont souvent figé les Massaï dans des catégories réductrices, qui ont été préjudiciables pour certaines de leurs relations interculturelles. Relations qui se sont souvent soit basée sur la création et l’utilisation de cette image, soit ont été façonnées par elle.
Le mythe du guerrier Massaï a fait et fait encore fantasmer l’Occident et, si les Massaï ont longtemps été éloignés de la fabrication et la diffusion de leur image, ils sont de nos jours, acteurs de la perpétuation de ce mythe. Souvent contraints de vendre leur image, faute de trouver une meilleure source de revenus, ils alimentent l’imaginaire entourant leur mythe. À l’époque de la globalisation et de la consommation de masse le mythe du guerrier Massaï fait vendre et sa durée de vie dépendra surtout de la durée des profits qu’il pourra encore engendrer. La grande partie des images des Africains étant crée par les occidentaux, elles sont souvent stéréotypées et réductrices. Jusqu’à quand les Africains et, dans ce cas précis, les Massaï ne seront pas maîtres de leur propre image, celle-ci sera souvent qu’un miroir des envies, des besoins, des fantasmes et des peurs des occidentaux.
Postée par Sina
07 septembre 2006
AFRIESSENCE?
AFRIESSENCE?
Ce blog se veut un espace d'échange sur des sujets variés concernant l'Afrique, les Caraïbes et la communauté africaine et caribéenne en France. Vous pouvez vous exprimer ici sur les différents sujets proposés à travers vos articles, vos photos, vos musiques, vos poèmes ou encore vos vidéos. Vous pouvez bien sûr proposer des autres sujets qui seront alors ouverts sur ce blog.
COMMENT CA MARCHE?
Afin de publier vos articles, photos, vidéos ou sons vous devrez les envoyer à l'adresse editor_afriessence@yahoo.fr et indiquer dans quelle catégorie ils appartiennent.
Tous les articles ou autres supports envoyés seront publiés dans la mesure où ils ne portent pas atteinte à la philosophie du blog (pas de propagande, plagiat, incitation à la violence ou au racisme) et correspondent à un des thèmes traités.
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Les articles devront donc être le plus objectif possible et dans la mesure du possible porter des éléments vérifiables ou des références.
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Quelques sujets du moment :
• La discrimination positive : Pour ou contre la discrimination positive en France? Le modèle américain est-il souhaitable?
• Grandes Dames : Femmes africaines et caribéennes d’influence.
• Le poids du vote noir dans la présidentielle 2007.
• Les mots et leur importance : Black, Noir, Personne de couleur, Nègre...Le poids des mots et leurs conséquences.
• L’image des Noirs dans les médias : Quelle image donnent les médias de la communauté africaine et caribéenne en France? Quel est le rôle des médias dans la création de stéréotypes?La communauté africaine et caribéenne sont-elles assez représentées dans les médias français? Quelle différence avec les Etats-Unis? Et en Afrique?
• L’image de l’Afrique dans les médias : En France, en Afrique, dans les pays anglophones et ailleurs.
• Religion et Afrique
N’hésitez pas à ajouter de nouveaux sujets et à faire connaître ce blog à votre entourage.
J’espère que ce blog vous donnera la possibilité de vous exprimer librement, de faire connaître les multiples cultures africaines et caraibéennes et de donner un espace nouveau à la communauté africaine et caribéenne de France et tous les passionnées de ce continent et ces îles.
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