Si le monde visible fait toujours plus mal aux yeux et au cœur celui invisible rempli la vie des Comoriens d’histoire incroyables.Les Djinns, premiers habitants des quatre îles ne vivent plus avec les hommes comme au vieux temps lorsque, les voitures, lasses lampes, l’essence et les autres composantes du monde moderne ne les dérangeaient pas. Mais ils sont la, toujours présent sur leur terre.

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Salomon, pour se venger d’un Djinn ayant volé la bague de sa femme et l’ayant jeté dans le volcan, chassa tous les Djinns et les envoya sur les îles Comores. Ils furent les premiers habitants des ces îles volcaniques et virent l’arrivée des premiers Shirazien. Les Shirazien arrivèrent sur l’île de grande Comore et allèrent chercher des Africains sur les côtes du Mozambique. Ces Africains furent dévorés par les Djinns ce qui décida les Shiraziens d’aller chercher des autres hommes mais aussi des femmes. Encore une fois les hommes furent dévorés et restèrent seulement les femmes. Ces femmes se marièrent avec les Djinns et c’est ainsi que la population se brassa et qu’elle se répandit sur toute l’île.
Avec l’arrivée des voitures, de l’essence, de phares, et autres polluants, les Djinns devirent invisibles aux yeux des hommes ne supportant plus toutes ces odeurs et ces lumières. Avant propriétaires des lieux ils peuplent maintenant différents endroits : les forêts, les rochers, la mer, le volcan, les lacs. Pourtant ils gardèrent cette force qui les distinguent des hommes et qui leur permet de se métamorphoser en n’importe quoi : une poule, une pierre, un bouc ou un humain…
Une nuit un Monsieur roulait sur la route entre Iconi et Moroni. Sur son chemin il aperçut une femme faisant du stop. Il la laissa monter dans la voiture et continua son chemin. Pendant tout le trajet l’homme et la femme discutèrent de tout et de rien. Il était tard le soir et la route n’était pas très visible. A un moment l’homme s’arrêta pour prendre quelque chose dans la boîte à gant et c’est là qu’il vit que la femme avait des pieds de bœuf. C’était une femme Djinn. Il s’évanouit de peur et se réveilla le matin après. Des habitants d’iconi l’avaient sorti de la voiture et quand il leur demanda ou était la femme personne ne sus répondre.Il n’y avais aucune femme lors que la voiture avait dérouté la nuit précédente.
Pourtant a Mitsoudjé il y a un homme qui était marié a une femme Djinn. Ils eurent un enfant qui depuis tout petit n’habita jamais a la maison mais dans une grotte lointaine. L’homme rencontra sa femme dans un lieu réservé aux Djinns et il vit tout de suite qu’elle était une femme Djinns. Car si en apparence elle ressemble a une femme, son comportement la trahit. Étant crée par le feu les Djinns sont très chauds quand on les touche et n’ayant pas les mêmes besoins que les hommes souvent ils ne mangent pas. Si a la Grande Comore des hommes se sont mariés avec des femmes Djinns, sur l’île d’Anjouan les hommes qui ont accepté de coucher avec des femmes Djinns sont tous morts trois jours après.
Selon un Mwalimu za madjini on à tous un Djinn en nous mais celui-ci ne se manifeste pas chez tout le monde. Pourtant, à la Grande Comore, difficile de rencontrer quelqu’un n’étant pas possédé par un Djinn ou ne connaissent pas quelqu’un en possédant un. Miroir de la société comorienne les Djinns sont d’origine différente et lors de leurs manifestations chez leur hôte c’est leur comportement qui permettra de connaître leur origine.
Quand il monte à la tête, le Djinn arabe, Rahuani, oblige la personne à prier et ne la laisse pas tranquille si elle ne s’exécute pas. Musulman il ne se manifeste pas les vendredis et pendant le mois de Ramadan. Dans les moments de possession ou lors du Nkoma za Madjini (dans e des Djinns pendant laquelle les Djinns se manifestent) la personne se met à parler l’arabe même sans jamais l’avoir appris, car a ce moment ce n’est plus elle la propriétaire de son corps et de ces actions mais le Djinn. C’est pour lui que la personne laisse dans sa maison un plat avec du kaolin et de l’argent comme offrande, plat qui est pour les autres habitants de la maison formellement interdit de toucher.
La Trumba est un Djinn malgache et se manifeste généralement chez les femmes. Il est très repandu à Mayotte et à Anjouan, îles influencées par Madagascar, mais il est aussi présent à la Grande Comore. Par le biais des expatriés comoriens il est arrivée jusqu’en Arabie Saoudite ou des femmes comoriennes sont devenues très riches grâces a leur pouvoir de guérisseuses. Les saoudiens possédés par ces esprits ne lésinent pas à payer au prix fort le voyage et le travail de ces guérisseuses comoriennes.
Il y a aussi le Djinn d’origine Africaine, le Msomali, qui est souvent décrit par les Grands Comoriens en tant que « sauvage ». Une description qui cache mal une certaine difficulté de la part des comoriens d’accepter leurs origines Africaines. Un malaise crée par le poids de l’esclavage et celui de la prétendue supériorité de l’ancienne hiérarchie arabe.
Source d’explication de diverses maladies et malheurs de la vie des comoriens les Djinns ne limitent pas leurs actions sur les quatre îles mais se manifestent souvent chez les expatriés comoriens. Beaucoup d’entre eux reviennent au pays afin de se faire guérir d’une maladie causée par les Djinns ou au contraire rentrent demander des faveurs aux Djinns, sachant ou les trouver au pays.

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Un jeune d’Iconi m’a fait part d’une histoire assez curieuse arrivée à un jeune de Zanzibar parti faire ces études en Angleterre. Lors de son séjour le jeune homme rencontra une belle fille dont il tomba amoureux. Celle-ci accepta les avances que son prétendant lui faisait mais lui imposa des conditions. Avant tout l’homme devais promettre de ne jamais parler a personne de leur relation et deuxièmement il devais promettre de ne jamais se marier avec une autre fille qu’elle. L’idée du mariage étant loin devant lui l’homme accepta.
Tout au long de sa relation avec cette jeune fille le jeune homme avait les meilleures notes de sa classe et sa popularité ne cessait de s’agrandir au sein de son université. Pourtant, pendant des vacances d’été le jeune homme rentra à Zanzibar pour voir sa famille qu’il n’avait pas revue depuis 5 ans. Sa maman très contente de le revoir lui annonça qu’elle lui avait trouvé une femme et que le mariage était déjà programmé. Le jeune homme accepta car il ne pouvais pas refuser ça à sa mère et de plus il avait oublié la promesse faite il y a cinq ans à sa copine d’Angleterre.
Après le mariage il rentra finir les derniers examens en Angleterre mais dés son retour quelque chose en lui avait changé. Malgré ces années d’études il n’avait plus aucun souvenir des ces lectures. Incapable de soutenir les examens il alla se confier à un homme de Zanzibar qui vivait en Angleterre. Celui-ci étant un grand sorcier compris vite le problème mais n’ayant pas les compétences pour l’aider il l’envoya aux Comores. Arrivée aux Comores le jeune homme alla voir le Mwalimu dont son ami lui avait parlait. Le verdict tomba vite, tous ces malheurs étaient causés par son ex-copine qui en réalité était une femme Djinn. A travers l’utilisation de toutes ces compétences le mwalimu arriva à chasser les mauvais esprits de la vie du jeun homme qui repris toutes ces compétences.
Les Djinns peuplent un monde invisible complexe qui fait partie intégrante de la société comorienne. Un monde qui ne peut être négligé si on veut comprendre la dynamique de cette culture. Un monde mystérieux pour l’étranger et indissociable du quotidien pour le comorien qui continue à le faire vivre à travers la tradition orale malgré la pression de certains fondamentalistes musulmans pour le faire disparaître.

Sina

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