AfriEssence

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22 mars 2007

De tout et de rien

Me voici enfin sur le continent américain petite Africaine passée par la France, sortie de son Sénégal natal il y a six ans.
Nous étions rêveurs Patient et moi et tous les autres, tous ceux qui en avaient assez de se faire répéter qu’ils n’étaient pas d’ici, pas de là ; tous ceux qui en avaient assez de galérer pour vivre, manger, loger, boire, étudier… au pays des droits de l’homme.

Et me voici au CANADA. Me voilà à Montréal. Me voici voilà au Québec.
Je veux parler de tout et de rien, finalement, de mes impressions au cours de ces deux mois ( déjà ou seulement?) dans la belle province.
J’ai été surprise d’entendre beaucoup d’immigrants (nouvellement arrivés ou parfaitement intégrés) me dire combien il leur était difficile de se faire des amis québécois, de discuter avec eux d’autre chose que de leur Québec natal. Pour le moment, je constate que les média québécois, sûrement comme ceux de toute l’Amérique du Nord sont centrés sur eux-mêmes ( n’est ce pas ce qu’on reprochait aux média français ? ) et sont, en gros, un subtil mélange de la télévision américaine et de celle française. L’Afrique ici reste une entité inconnue, noyée dans la guerre, le sida, la misère ( n’est-ce pas ce qu’on reprochait aux Français ? ).
J’ai été très étonnée d’entendre Guillaume Carle, grand chef de la Confédération des  peuples autochtones du Québec et du Canada déclarer, au sujet des conditions de vie des autochtones du Québec qu’elles étaient ‘pires qu’en Afrique’ le mardi 13 mars, sur les ondes de TVA. La connaissance du continent africain est aussi tronquée dans les deux pays.
    Laissez moi vous dire quel thème médiatique m’a accueillie au Québec ; celui des accomodements raisonnables, les média en étaient tous à de demander si l’accomodement ( donc l’intégration des migrants et l’acceptation des us et coutumes) devait venir des migrants ou des Québécois. La plupart des émissions ( radiophoniques ou télévisées) que j’ai eu à suivre sur le sujet m’ont cloué le bec : à les entendre, une Musulmane était forcément voilée, soumise ; une Québécoise pur laine convertie à l’islam les étonnait, voire heurtait. Je suis étonnée de voir comme les analystes, les chroniqueurs, les journalistes sont incapables de se départir de leur conditionnement pour poser un regard neuf sur les autres cultures ( en particuliers dès que cela a trait à la religion musulmane)
Une ville de la région de la Mauricie, Hérouville, a eu l’excellente idée de mettre en place un code pour les migrants pour  « favoriser leur participation à la vie communautaire et sociale » ;  l’excision, la lapidation, brûler des femmes vives ou se promener voilée, serait désormais interdit, et ce pour préserver la culture québécoise. La peur, la peur…de l’autre.
L’affaire va très loin puisque la ville de 1 500 habitants est poursuivie devant la Commission des droits de la personne du Québec par des leaders musulmans.
Pire, deux autres villes ont suivi l’exemple et ont demandé la révision des chartes canadienne et québécoise des droits et libertés pour empêcher les accommodements raisonnables.



    On se rappelle du DR Mailloux qui déclarait que selon une étude, la "sélection artificielle" opérée par les Blancs lors de la traite des Noirs aux États-Unis aurait donné pour résultat un léger désavantage génétique des afro-américains sur le plan de l'intelligence?

Les élections approchent au Québec et dans ce cadre, les dérapages n’ont rien à envier à ceux de la France.
Un journalise d’une radio de Saguenay déclarait que  personne ne voudrait voter pour André Boisclair, chef du parti québécois (PQ) qui s’avère être un homosexuel, parce que c’est une tapette. Pas plus tard que ce matin, le débat se place autour de la problématique du foulard : doit on laisser les femmes voilées ( le visage entier camouflé sauf les yeux) voter, et certains de parler de déguisement, d’autres d’affirmer que le jour du vote, le 26 mars, certains arriveront en Batman d’autres en superman...bref, c’est à qui fera le plus d’humour noir.
Voilà, c’est le Canada que j’ai trouvé, le québec dans lequel j’ai décidé de vivre…Mais je pourrai aussi vous dire prochainement, ce qui va bien aussi, car plein de choses vont bien…
Rappelons nous juste que l’ignorance peut tuer et m’est avis que le Québec va encore nous surprendre sur le plan des questions de l’immigration.

Ayavi Lake

Posté par Francesc_a à 22:24 - ACTUALITE - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


30 octobre 2006

"Je siffle la marseillaise, et j'te baise" Ekoué, La Rumeur.

L'hymne est un chant patriotique associé aux cérémonies publiques. Considérant cela, comment un hymne qui date du 19eme siècle et qui retrace l'épopée de la révolution de 1789, peut- il susciter l’adhésion, transcender et émouvoir les français, aussi multiples soient-ils? [Flash back: la marseillaise est devenu un chant patriotique en 1795, puis en 1879, l'hymne national français). Composé en 1792 pour l'armée du Rhin par à un officier de génie (paraît-il), Claude Joseph Rouget de Lisle, en garnison à Strasbourg, il reçut le titre de "chant de guerre pour l'armée du Rhin", (mais) les fédérés marseillais l'ayant fait connaître les premiers à Paris, il prit cependant le nom de "Marseillaise".


Un hymne sert à fédérer toute une Nation, afin que le blanc, le noir, le jaune, l'arabe... qui sont également (c’est pour insister) français, se reconnaissent dans les paroles chantées.

Ce faisant, on décèle là un certain conservatisme, dans le sens où seuls les français Fnistes ( sympathisants du front national), et ceux qui s'estiment être français depuis longue date se reconnaissent dans cette hymne. (Et encore, cela est discutable).

                                                                             France_interrogation

Un hymne, chers politiciens, se doit de transcender toute considération temporelle et spatiale afin de créer la « communauté émotionnelle » si chère à Max Weber.

OR il est temporel, dans ce cas précis. Car il est le récit d'une révolution, d'un épiphénomène historique.

ET il est Spatial. Car il est question d'un lieu précis: Paris-Versailles, qui fait abstraction, au passage, des plantations de canne à sucre ( qui parsemaient) les différentes îles antillaises (Guadeloupe, Martinique,...). Et pour qui veut bien le croire, elles étaient hors du champs de cette révolution.


Ce qui est cynique, ironique, triste... je laisse votre imagination compléter cette  liste d'adjectifs, c'est qu'aujourd'hui beaucoup de sportifs ou autres personnalités qui peuvent être amenées à participer au chant "patriotique", sont totalement ignorants concernant  ces questions.


L'hymne Français est un récit d'UNE page de l'histoire française, alors qu'il devrait être un enchaînement de clins d'oeil, destinés à ce que chaque personne qui l'écoute ou le chante se  reconnaisse, et ait le sentiment d’une appartenance nationale, afin, comme le disait Durkheim, d’entretenir « l’effervescence collective ».

Moka




Posté par mokakorp à 18:00 - ACTUALITE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 septembre 2006

Gaspillages alimentaires au Canada

Une pratique qui fait jaser les Africains 
   
Qu’ils soient chinois, arabes, italiens, québécois ou autres, les gérants des magasins et épiceries canadiens ont un réflexe commun : jeter sans scrupule en poubelle, les invendus de produits alimentaires. Habitude nord-américaine ou simple pratique de circonstance ? Alors que plus de la moitié des habitants de la terre croupit sous le poids de la pénurie alimentaire, ce comportement irrite et inquiète les Africains de la Belle Province.

Comme tous les soirs, Khaled entasse des cartons de fruits et légumes invendus en face de son étal et attend que les camions poubelles les emportent.  La quarantaine, ce natif de l’Algérie, tient depuis cinq années un point de vente au grand marché Jean-Talon de Montréal. «Que voulez-vous que je fasse des invendus ? Je n’ai pas le choix, je vais les jeter pour ne pas les laisser pourrir sur les étals»,  dit-il sur un ton neutre.  Son collègue Antonio, qui gère une épicerie dans le même marché, renchérit d’une voix naturelle : «Je veux parfois vendre à perte mais personne ne veut acheter un panier de tomates à un dollar. Simplement parce que le client pense que c’est de la tomate pourrie. Je suis obligé de jeter».
A l’instar de ces deux commerçants, la plupart des gérants de magasins et épiceries montréalais destinent les invendus des produits alimentaires tels que la viande, le pain, le lait, le sucre les conserves, les surgelés, etc. aux poubelles. Pourtant au Canada, bon nombre de personnes continuent d’être victimes de faim. Selon le bilan-faim annuel de l’Association Canadienne des Banques Alimentaires (ACBA), «grâce au soutien généreux des donateurs d’aliments et de transport au cours des dix dernières années, plus de 64 millions de livres de produits alimentaires ont été distribués par l’ACBA pour aider à répondre aux besoins alimentaires immédiats de Canadiens affamés».

A qui la faute ?

Au Québec comme dans les autres provinces du Canada, la plupart des commerçants ont les mêmes réflexes. Même s’il n’existe pour l’heure, de chiffres pour quantifier en termes de pourcentage la ratio de nourritures jetées quotidiennement par les commerçants, les banques alimentaires s’accordent à reconnaître qu’une quantité importante d’aliments est jetée en raison du déficit de communication à l’endroit de ces commerçants. Selon Mme Micky Fraterman, Directrice de la communication à l’ACBA à Toronto, il s’agit d’un comportement qui s’explique «en raison de la logique du marché dominé par la surconsommation qui exige un renouvellement permanent des biens en général. De plus, ajoute-t-elle, les magasins qui se contentent de jeter les aliments ignorent qu’ils existent des organismes humanitaires auxquels ils peuvent les donner. Il est alors très difficile de les incriminer pour ça. En revanche, Il y a un gros travail de sensibilisation à faire en ce sens». Jusqu’en 2004 Moisson Montréal, la plus importante banque alimentaire en Amérique du Nord, passait récupérer les produits jetables au marché Jean-Talon pour les distribuer gratuitement aux plus pauvres. Mais par souci de priorité aux grands fournisseurs et de moyens, elle a alors limité ses passages. Mme Johanne Théroux, Directrice Générale de Moisson Montréal s’en explique : «En semaine, nos camions de récupération de denrées sont en opération du fait que nous privilégions la récupération des quantités plus importantes auprès de nos grands fournisseurs. Et parce que notre équipe est très restreinte, nous ne récupérons que les samedis et dimanches dans les marchés publics». Cet organisme qui distribue environ 61 tonnes métriques de denrées  par jour s’emploiera bientôt, selon Mme Théroux à «faciliter un maillage avec les organismes de quartiers qui, en lieu et place de Moisson Montréal, vont récupérer ces produits dans les marchés publics pour en éviter le gaspillage».
Mais si la plupart des Montréalais ont fini par s’habituer au jetage des produits alimentaires, les Africains quant à eux, parlent de «gaspillage».

La nourriture, c’est sacré

«Vous me voyez jeter de la nourriture ? Interroge, dubitatif, Oumarou, citoyen canadien d’origine nigérienne. Au Niger, c’est un crime. Si  pour les Occidentaux, la nourriture relève simplement du fruit de travail, pour les Africains, il s’agit d’un cadeau, d’un don de Dieu ». Selon lui, la crise alimentaire qui a récemment secoué son pays n’aurait jamais pu se développer à ce point si une toute petite partie des invendus alimentaires jetés au Canada, était parvenue à ses compatriotes. Rodolphe, un résident permanant d’origine camerounaise, précise : « La nourriture relève de l’ordre du sacré dans les sociétés africaines. Dans certaines communautés, il y a tout un cérémonial autour de la nourriture. On invoque les ancêtres et on les invite au repas. Jeter de la nourriture, c’est provoquer la colère des ancêtres et des dieux». Sur un ton accusateur, Elom, étudiant togolais à l’Université de Montréal, ajoute :  «Dans une société où l’on produit plus qu’il n’en faut, on assiste toujours à la mauvaise gestion du surplus et plus cruellement à l’oubli des plus pauvres. Pourtant au Canada, il n’y a pas que des riches !». 
Ainsi, sans gêne, certains Africains n’hésitent pas à s’approvisionner gratis dans les marchés. C’est le cas de la Congolaise Mélanie, étudiante en baccalauréat à l’Université du Québec à Montréal. Chaque semaine, elle se rend au marché Jean Talon pour remplir son gros sac à dos, des plus belles variétés de concombres, de carottes et d’autres fruits. Mais plus qu’un signe d’indigence, son action, dit-elle, participe à contenir quelque peu le gaspillage alimentaire dans le marché. «Ça m’aide aussi à réduire mes dépenses », explique-t-elle tout en ramassant les produits, indifférente aux regards des passants. Chômeur depuis 11 ans, André, un Canadien d’origine rwandaise, est aussi un habitué des lieux. «Je viens ici tous les deux jours pour me ravitailler en légumes et fruits surtout, témoigne-t-il, le regard fixé sur des cartons de produits.  C’est vraiment anormal qu’on jette tout ça !».


Postée par Patient Atcho

Posté par patient à 02:32 - ACTUALITE - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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